Histoire

L’HOPITAL EUROPEEN, De 1839 à nos jours… 

Une histoire de près de deux siècles marquée d’hommes et de femmes œuvrant au service de la santé des patients, notamment les plus fragiles

 

1839 – La modeste installation de Madame Favier

Au XIXème siècle, l’accès aux soins dans les hôpitaux publics de Marseille est inégal pour les différentes communautés religieuses.

Mme Favier, soucieuse de ce contexte, installe chez elle 1 lit, puis 4 pour accueillir des protestantes malades. La demande se révèle vite très importante.

1840 – L’Infirmerie Protestante est née !

L’Infirmerie Protestante ouvre ses portes rue d’Alger grâce au soutien de la communauté protestante. Mme Favier est nommée Directrice de l’établissement qui compte 20 lits destinés à accueillir les protestantes démunies.

1846 – Les premiers bienfaiteurs de l’œuvre

La place manque… Il faut agrandir ! Ceci est possible grâce à la générosité de 8 bienfaiteurs qui offriront un terrain, rue du platane (qui deviendra la rue d’Eylau) pour construire un hospice destiné aux protestants pauvres et aux malades.

  • Théophile Imer
  • Frantz-Mayor de Montricher,
  • Jean de Castelmur,
  • Victor Henri Leenhardt,
  • Marc Fraissinet,
  • Philippe Meadows Taylor,
  • Abraham Auguste Roulet,
  • Mademoiselle Sophie Claire du Pasquier

1875 – L’Infirmerie Protestante reconnue d’utilité publique

L’Infirmerie Protestante est reconnue d’utilité publique et peut désormais recevoir des legs.

Près de 30 ans après sa création, l’établissement a soigné plus de 6 000 patients grâce à la générosité, la bienveillance et l’humanisme de ses intervenants.

1900 à 1930 – Au tournant du siècle

L’infirmerie Protestante est à présent solidement établie.

Le Docteur Arthur Fallot* y travaille. Il est réputé pour avoir isolé une malformation cardiaque complexe : la maladie bleue qui porte son nom.

Le Dr Félix Sesquès qui lui succède recevra la médaille d’argent des épidémies**.

De 1914 à 1918, l’armée occupe l’Infirmerie Protestante pour en faire un « hôpital bénévole ». Au même moment  l’histoire commence pour l’Hôpital Paul Desbief !

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* Le Docteur Arthur Fallot est un anatomopathologiste français qui a décrit de manière détaillée deux types de cardiopathies congénitales cyanogènes qui portent aujourd'hui son nom : la trilogie et la tétralogie de Fallot. Il a également été professeur d'hygiène et de médecine légale à Marseille.

** La médaille d'honneur des épidémies est une ancienne médaille française créée en 1885 pour récompenser les personnes s’étant  distinguées lors d’une période d'épidémie.

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1914 – Un hôpital pour les blessés du Front

Lorsque le premier conflit mondial éclate en 1914, Paul Desbief, alors Administrateur de la Croix Rouge Française fonde un hôpital bénévole rue d’Hozier, pour secourir les soldats blessés. Il bénéficiera du soutien de notables Marseillais. 86 lits sont installés.

1918 - Fin de la guerre, début de l’histoire

L’hôpital se vide de soldats blessés mais continue d’accueillir les marins, les dockers et la population Marseillaise grâce au dévouement des infirmières. Paul Desbief*, avec le concours des Raffineries de Sucre Saint Louis et de la Société Immobilière de Marseille contribue à l’acquisition des locaux transformés en hôpital civil.

Paul Desbief inaugure le nouvel hôpital privé Saint Louis le 15 mai 1920. 

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* Paul Marie Joseph Desbief est né à La Canée, en Turquie, le 18 juin 1850. Il est engagé volontaire à l’armée puis revient à la société civile et entre à la Société nouvelle des Raffineries de sucre de Saint-Louis. Il entre à la Chambre de commerce de Marseille en 1897 et en sera président de 1905 à 1908. Chevalier de la Légion d’honneur en 1895, il est également président de l’œuvre antituberculeuse de Marseille. Paul Desibef est un fervent défenseur des droits sociaux des personnes vulnérables. En 1914, Paul Desbief œuvre pour la création d’un hôpital voué à soigner les soldats blessés. Il meurt à Marseille le 12 mars 1922, l’Hôpital sera rebaptisé de son nom. 

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1922 – L’Hôpital Saint Louis rebaptisé du nom de son bienfaiteur

L’Hôpital Saint Louis est rebaptisé Hôpital Paul DESBIEF en hommage à celui qui en fut son instigateur et développe sa mission au service de la santé de la population.

1935 – L’infirmerie protestante se spécialise et s’ouvre à tous

Les portes de l’infirmerie sont ouvertes à tous les malades, quel que soit leur sexe, religion, origine, couverture sociale…

La Directrice, Sœur Cherno dynamise et spécialise l’établissement.

  • Docteur Joseph Poucel créa la chirurgie infantile
  • Docteur Nicolas Carréga, ORL

1939 – L’Infirmerie Protestante devient l’Hôpital Ambroise Paré

L’activité de l’Infirmerie est de plus en plus orientée vers la chirurgie, le Docteur Girbal demande que l’Infirmerie Protestante devienne l’hôpital Ambroise Paré*.

Il offrira le panneau « Hôpital Ambroise Paré » installé sur le portail.

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* Ambroise Paré, chirurgien protestant et anatomiste français, est considéré comme le père de la chirurgie moderne et l’un des précurseurs de la science expérimentale. C’était un humaniste soucieux de ses patients quelque soient leurs origines ou rang social. Ses valeurs l’ont poussé à inventer de nouveaux procédés médicaux, améliorer des procédés existants et inventer de nouveaux instruments. Il est connu pour avoir été médecin des Rois de France : Henri II,  François II, Charles IV et Henri III.

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1950 – Madeleine et Jean CORDESSE : parents de la famille ambroisienne

Madeleine Cordesse* est Présidente depuis 1948 et son mari, Jean*, Président de la Croix Rouge Française coordonne le comité des hommes. Ils sont très impliqués dans la structure et y consacrent bénévolement beaucoup de temps. Jean Cordesse prend à titre personnel des risques importants en cautionnant les emprunts de l’hôpital sur ses biens personnels. La bienveillance de Madeleine envers le personnel est appréciée de tous.

L’hôpital est réputé pour l’excellence de son plateau technique, ses soins de qualité et son ambiance familiale. Il attire de nombreux nouveaux médecins. La capacité de l’hôpital augmente à 100 lits.

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Jean Cordesse est issu d’une vieille famille cévenole protestante. En 1936, Jean reprendra avec son frère André les rênes de l'industrie familiale :  ils rachètent la Société marseillaise de sulfure de carbone avec son unité huilerie. Le nouvel ensemble est baptisé l' «Huilerie et savonnerie Rabatau», il multiplie les filiales en Afrique de l'Ouest, en Algérie et au Maroc. Une industrie florissante qui grossit encore et encore, en 1937, avec l'acquisition des huileries niçoises Félix Audemard. Ils comptent alors parmi les cinq plus gros huiliers de la région et emploient près d'un millier de salariés. Refondateur de la Croix-Rouge à Marseille, Jean Cordesse participe au développement de l'hôpital Paul-Desbief, de la clinique du Camas, d'une maison de retraite et, bien sûr, de l'hôpital Ambroise-Paré, qu’il dirige avec son épouse.

D’origine Nîmoise, Madeleine Cordesse, mère de six garçons, fait preuve d’une grande générosité, d’une forte implication dans les affaires courantes de l’hôpital et d'un dévouement illimité pour les œuvres hospitalières. 

Madeleine et Jean CORDESSE ont insufflé à l’hôpital Ambroise Paré un supplément d’âme encore perceptible aujourd’hui.

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1973 – La nouvelle génération prend le relais : les ambroisiens trouvent un nouveau patriarche

Jean Cordesse décède. C’est son fils, Jean Pascal Cordesse, qui lui succède et qui poursuit son œuvre avec la même vision et le même dynamisme.

Le personnel augmente en nombre et en compétence, ce qui assure la qualité des soins et de l’accueil.

La capacité de l’établissement monte à 247 lits dont des lits de soins urgents et intensifs.

70 médecins consultent.

Le service de radiologie continue de se développer avec le Dr Pierre Estève.

1980 – L’Hôpital Paul Desbief se développe

L’Hôpital Paul Desbief compte parmi les plus anciens hôpitaux privés non lucratifs de la cité phocéenne.

A partir de 1982 se succèdent la création du bâtiment mitoyen (rue d’Hozier / Forbin) avec l’implantation d’un laboratoire, de plateaux techniques, d’un service de réanimation, de nouveaux services d’hospitalisation.

1986 – Naissance de la Fondation Ambroise Paré

L’hôpital devient : « Infirmerie Protestante Fondation Hôpital Ambroise Paré » (appelé aujourd’hui « Fondation Ambroise Paré »).

Le Président de la Fondation est Philippe Girard*, notaire marseillais protestant, la Direction Générale est toujours assurée par Jean Pascal Cordesse qui nommera à ses côté Nadine BALAGUER. Elle deviendra son épouse quelques années plus tard. Le fonctionnement de la structure reste personnalisé, de type familial et d’inspiration huguenote. Le personnel est fier d’y travailler, les médecins sont impliqués.

Le Dr Philippe MENGUY est le président de la Commission Médicale.

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* Philippe GIRARD, notaire marseillais, est Président de la Fondation Ambroise Paré - Infirmerie protestante de Marseille depuis 1988. Il a été honoré en 2004 par le Gardes des Sceaux qui lui a remis les insignes d’Officier de l’Ordre National du Mérite. Il a reçu la légion d’honneur au grade d’officier en 2011. Très engagé dans la vie associative Marseillaise, il est aussi Président de l’œuvre hospitalière Saint Jean de Dieu, qui accueille les plus démunis.

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1991 - Les liens se resserrent entre Ambroise PARE et Paul DESBEIF

Administrateurs communs, vision similaire, les deux établissements créent une association commune.

En 1998, les partenaires créent le réseau SUD SANTE et mettent en commun moyens et ressources humaines.

Les établissements partagent des médecins et mènent des actions ensemble : inter CLIN pour lutter contre les infections hospitalières, comité de vigilance sanitaire, etc …

2005 – Un projet visionnaire

En juin 2004, un nouveau conseil d’administration est désigné pour l’Hôpital Paul Desbief. Philippe GIRARD est nommé Président.

Une collaboration très étroite se met alors en place entre l’Hôpital Ambroise Paré et l’Hôpital Paul Desbief.

Visionnaire, Jean Pascal CORDESSE projette la création d’un nouvel hôpital : pour cela il faut se regrouper pour proposer aux patients une prise en charge de qualité et aux professionnels des conditions de travail optimales.

Le projet du « nouvel hôpital » est présenté au ministère de la Santé et aux organismes de tutelles et remporte l’adhésion de toutes les parties.

La  première pierre du chantier est posée le 26 février 2010.

2013 – Naissance de l’Hôpital Européen – Marseille, la relève est assurée

L’Hôpital Européen ouvre ses portes le 19 août.

Géré par la Fondation Ambroise Paré et ses instances, l’Hôpital Européen – Marseille rassemble les 1000 professionnels et 300 médecins libéraux émanant des établissements fondateurs mais également d’autres structures qui ont pour but de venir compléter l’offre de soins déjà en place :

  • Euromed Cardio,
  • UGECAM,
  • ALPHABIO,
  • DIAVERUM,

Jean Pascal CORDESSE prend sa retraite et intègre le conseil d’administration de la Fondation Ambroise Paré en 2015. La direction de l’établissement est alors assurée par Nadine CORDESSE et Jean Luc DALMAS. Le Dr Hervé PEGLIASCO est le Président de la CME de l’établissement.

« l’Humain au cœur de nos soins », la signature de l’hôpital écrite par le personnel  fait écho aux valeurs chrétiennes humanistes de nos fondateurs portées depuis presque deux siècles.

2018 – Un nouveau tournant pour la Fondation

L’Hôpital Européen se développe, il compte à présent parmi les établissements les plus importants de la ville.

Philippe GIRARD et Antoine DUBOUT, Présidents respectifs de la Fondation Ambroise Paré et de la Fondation Hôpital Saint Joseph, entament des discussions de rapprochement fin 2018.

L’objectif étant de permettre aux établissements de développer leurs projets respectifs pour apporter une réponse cohérente et globale aux besoins de santé exprimés par la population de la métropole.

Les institutions ont des similitudes : histoires riches de plusieurs décennies, créées à l’initiative de bienfaiteurs locaux, animées par des valeurs communes chrétiennes et humanistes … l’entente est facilitée.

L’union entre les institutions est prononcée le 5 juin 2019, l’association commune « Audeam » est née. 

2019 - Audeam : Un modèle pionnier au cœur de la Métropole

Offrir le meilleur parcours de soin global à tous, dans et hors l’hôpital, en intégrant les enjeux du Pôle Domicile, de la prévention, la recherche, de la formation et du digital pour le bien de nos Familles voilà l’ambition portée. 

« Audeam » est administrée dans la logique d’une gestion désintéressée, en collaboration avec des professionnels inspirés et soudés, des bénévoles et des bienfaiteurs, tous œuvrant main dans la main au service de l’accompagnement à la santé.

 

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